Dandysme

Historisches, Kulturelles und Literarisches zum Dandy

Lautour-Mézeray

| Keine Kommentare

M. Lautour-Mézeray, , il y a une dizaine d’années, a créé le Journal des enfants. Cette entreprise, qui a eu entre ses mains un immense succès, , l’a fait passer pour un digne successeur de Berquin. M. Lautour, qui a aujourd’hui trente-six ou trente-huit ans, était alors fort jeune. Les pères de province lui écrivaient pour lui demander des avis particuliers pour l’éducation de leurs garçons; , les mères venaient le consulter pour leurs filles.

Pendant ce temps, il prenait sa place à  l’Opéra, dans la loge dite des lions , et il allait diner au Café de Paris, dans une calèche traînée par deux chevaux bais. , A quelque temps de là , il créa le Journal d’horticulture. Il ne faut pas jouer avec l’horticulture: , M. Mézeray fut mordu; il vendit sa calèche et ses chevaux, et acheta pour une calèche et deux chevaux des rosiers et des tulipes , qu’il se mit à  cultiver avec amour. Il n’abandonna pas pour cela sa place dans la loge des lions, ni ses dîners au Café de Paris; , il n’était jardinier que le matin. , Seulement, comme il avait changé de luxe, et que le luxe aime à  se montrer, au lieu d’être porté à  l’Opéra par ses chevaux, , qu’au bout du compte on est forcé de laissera la porte, il y portait une fleur rare à  la boutonnière de son habit.

On commença par en rire, puis on l’imita; et c’est aujourd’hui une mode presque générale parmi les jeunes élégants. Seulement, comme il est fâcheux d’être éclipsé par ses imitateurs, M . Lautour s’est vu forcé de mettre des fleurs de plus en plus éclatantes. Mais à  peine avait-il imaginé un nouveau bouquet, qu’un plagiaire effronté l’obligeait à  en chercher un autre; il affectionnait surtout les passiflores.

M. Lautour-Mézeray est généreux de ses fleurs: plus d’une élégante perdra, à  son éloignement de Paris, des parures complètes de camellias naturels, qui, placés dans les cheveux, sur les épaules et sur la robe, faisaient un effet ravissant.

Les dames de Bellac sont appelées à  hériter.

M. Lautour-Mézeray a fait des prosélytes. Mordu par le démon de l’horticulture, il a mordu, à  son tour: 1° M. Eugène Sue, qui a fait construire une serre dans sa retraite de la rue de la Pépinière, et qui portait, l’hiver dernier, un camellia par-dessus les deux ou trois croix qui décorent sa boutonnière; 2° M. Véry, un riche Parisien, qui a dépensé de grosses sommes à  Montmorency.

Quoted from: Alphonse Karr: Les guêpes. Paris: Lecou, 1853.

Hinterlasse eine Antwort

Pflichtfelder sind mit * markiert.

*