Dandysme

Historisches, Kulturelles und Literarisches zum Dandy

M. le comte d’Orsay

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M. le comte d’Orsay, beau-frère de M. le duc de Grammont, et gendre de l’éminent écrivain anglais, lady Blessington, est beaucoup plus illustre en Angleterre que chez nous. Pendant quinze ans il a joué, à  Londres, le premier rôle de la fashion ; il a donné le ton à  toute l’aristocratie anglaise qu’il avait séduite par ses manières charmantes, par son esprit brillant et cultivé ; il avait ramassé et il a porté longtemps le sceptre que Georges Brummel avait laissé échapper le jour où il s’était cru assez puissant pour dire au prince de Galles de tirer les cordons de sonnette. Durant les beaux jours de sa royauté éphémère, M. le comte d’Orsay avait, de plus que le roi des dandys, étendu son empire sur les domaines de l’art. Habile lui-même à  manier le crayon et l’ébauchoir, élève distingué du sculpteur Bartolini, de Florence, il dictait des lois aux artistes anglais, et n’a pas été étranger à  l’essor soudain qu’a pris l’art au delà  de la Manche depuis quelques années. Il y aurait une biographie curieuse à  écrire sur cet élégant personnage, et elle se remplirait aisément d’anecdotes piquantes qui jetteraient une vive lumière sur les mœurs intimes de la haute aristocratie anglaise dans ces derniers temps. Un fait entre mille peut donner une idée de l’influence étrange qu’exerça un moment M. le comte d’Orsay dans le grand monde britannique : Un jour, ses amis du Jockey-Club de Londres se cotisèrent pour payer une partie de ses dettes, et ils réunirent ensemble, dans la même soirée, une somme de quatre cent mille francs. On ne sait trop ce qu’il faut le plus admirer, de ces amis généreux ou de l’homme qui avait su inspirer de pareilles amitiés. Depuis son retour en France, en 1849, M. le comte d’Orsay s’était exclusivement adonné au culte de l’art ; ses bustes de M. de Lamartine, de lady Blessington, et sa statue équestre de Napoléon, ont été remarqués aux dernières expositions.

From: Revue contemporaine. Bd. 3, 1852.

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