Dandysme

Historisches, Kulturelles und Literarisches zum Dandy

Anacharsis le dandy

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En regardant de l’artiste, et comme opposition naturelle, surgit le dandy.
Quant à  ce mot dandy, il faut que je vous en parle. Beaucoup vous diront que le thé et les sandwichs, les clubs et les courses d’Epsom ont incrusté ce mot dans la langue anglaise, comme le résumé du genre fashionable, le type des vestes rouges et des gentlemen riders, c’est-à -dire une intelligence au niveau d’une selle anglaise et d’une martingale, un homme bon tout au plus à  étendre du beurre sur les tartines, boire du gin, du grog, et se renverser sur un canapé.
La conclusion implicite de ceci, serait que le dandy doit être un sot.
Il n’est est rien, le dandy est un homme comme un autre; il a de l’esprit plus que vous et moi lorsqu’il a le bonheur d’avoir de l’esprit.
Anacharsis était un dandy; il fumait huit cigares sans dételer; il changeait de bottes quatre fois par jour; dînait à  Tortoni, (comme disent les vaudevilles!) il portait des gilets en or, et une chaîne de montre à  faire le tour d’une guérite. – Si vous le voulez, c’était un dandy. – Il y en a comme ça.

Anarcharsis était neveu d’un célèbre professeur qui mourut en lui laissant sa fortune. Pendant les dernières années de son oncle, Anacharsis, par manière de reconnaissance, avait suivi tous ses cours. L’oncle mort, il avait dit adieu à  Esculape pour se faire dandy, profession plus commode.
Anarcharsis, dont la poitrine était pleine d’orages, et l’existence synthétique, acheta bien vite trois chevaux anglais, deux danseuses et un hôtel, avec la succession de l’oncle.

Anacharsis, armé d’un binocle en or, le promenait insolemment sur toutes les femmes; il avait mis sa plus glorieuse cravate et son gilet le plus étourdissant, comme un tragédien qui ne veut rien négliger pour son début.

Roger de Beauvoir: “Anacharsis le dandy.” In: Ders.: Aventurières et Courtisanes. (1856)

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